دار الثقـــــــــافة مــــولود معمــري تيــــزي وزو
AXXAM N YIDLES MULUD AT MΣEMMER N TIZI-WEZZU
MAISON DE LA CULTURE MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU

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PROGRAMME EN LIGNE DE RAMADAN 12 mai 2020 Maison De Culture Mouloud Mammeri De Tizi...

Ahil Adeslan n wagur n ramdan SEG 1 AR 21 MAGGU 2020

Concours de chant et musique vi@ le net

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LA MINUTE CULTURE GÉNÉRALE
✨TAFUNAST IGUJILEN✨

                                                               
✨TAFUNAST IGUJILEN✨
Un conte Kabyle très populaire, tafunast igujilen (la vache des orphelins)
Il était une fois deux orphelins : un garçon nommé Ali, et une fille nommée Djedjiga. Ils étaient orphelins depuis leur tendre enfance, au moment ou ils avaient besoin de téter le sein de leur mère.
Leur père, se remaria deux ans après la mort de leur mère, avec une femme très méchante qui leur fera beaucoup de misères. Leur marâtre aura une fille, leur demi-sœur nommée Doudja. Les deux malheureux enfants : Ali et Djedjiga, faisaient tous les jours les bergers pour garder la vache « sacrée » que leur mère leur avait laissé, et qui les nourrissait.
Chaque jour, au petit matin, hiver comme été, qu'il pleuve ou qu'il vente, les deux enfants partaient dans les champs pour faire paître la vache laitière, tachée de noir et de blanc.
Les enfants bergers, avaient droit chaque jour, pour le repas de la mi-journée, à une petite galette d'orge chacun, le plus souvent et parfois de blé; et une poignée de figues sèches. Ils avaient pour étancher leur soif, une gourde pleine d'eau , dans un petit sac de toile. Ils n'avaient ni viande, ni dessert, ni fromage pour accompagner ce maigre repas... Heureusement, chaque fois qu'ils finissaient de manger la galette avec quelques figues sèches, ils tétaient à la mamelle de la vache, du bon lait épais, plein de crème.
Au fil des jours, et des mois, les enfants grandissaient à vue d'œil, et prenaient des couleurs avec ce régime enrichi par le lait naturel entier : ils avaient de grosses joues bien roses! leur marâtre en fut très mécontente, elle se demandait comment ceux-là pouvaient bien grandir et forcir, avec la chiche et maigre ration qu'elle leur donnait chaque matin, lorsqu'ils partaient faire paître la vache. En revanche, sa fille qui était largement mieux nourrie qu'eux, demeurait malgré tout, très pale et très maigre; ce qui ne manquait pas d'inquiéter outre mesure sa mère, et de décupler sa rage et sa jalousie.
Furieuse de ce qu'elle considérait comme étant une injustice de sort, la marâtre ordonna à sa fille de suivre les deux autres partout ou ces derniers iraient, pour savoir exactement ce qu'ils mangeaient ailleurs. La petite Doudja se mit donc à suivre Ali et Djedjiga partout, appliquant à la lettre les injonctions que lui dictait sa mère.
C'est ainsi qu'elle découvrit qu'après avoir mangé la galette et bu de l'eau de la gourde, Ali et Djedjiga se mirent à téter goulûment les pis généreusement gonflé de la vache. Doudja voulu suivre l'exemple de ses aînés, mais dès qu'elle s'approcha de la vache, elle reçut un violent coup de corne qui lui creva l'œil sur place. Aussitôt et sans plus attendre, la petite Doudja devenue borgne, rentra en courant à la maison, hurlant de douleur, et tenant de ses deux mains son visages ensanglanté.
La mère de Douja, affolée en voyant sa fille dans cet état, ordonna à son mari de vendre dès le lendemain la vache sacrée, qui avait crevé l'œil de sa fille. Mais quand la vache arriva au marché aux bestiaux, un gros oiseau noir se mit à tournoyer autour de la bête en poussant des cris » la vache des orphelins, n'est ni à vendre, ni à louer » ! L'oiseau n'eut de cesse de répéter cet avertissement.
En entendant ces propos mystérieux et lourds de menaces, les acheteurs décidèrent de se retirer.
A la nuit tombée, le père rentra bredouille à la maison, sans avoir pu vendre la vache. Furieuse de la voir revenir, la marâtre menaça son mari, et lui ordonna de reconduire l'animal dès le lendemain matin au marché, ou il n'y aurait sans doute plus cet oiseau de mauvais augure.
Le lendemain à l'aube, le père des orphelins s'exécuta, et à contrecœur emmena la vache, vers un marché plus éloigné. Mais encore une fois, elle ne put trouver acquéreur, car l'oiseau guettait, en tournant comme la veille, proférant les même propos : » la vache des orphelins, n'est ni à vendre, ni à louer » ! Une fois de plus, la vache rebutait les acheteurs, à cause des imprécations de l'oiseau noir. Ainsi, vit-on de nouveau l'animal et son propriétaire revenir à la maison , pour la plus grande satisfactions des deux petits, qu'elle nourrissait tous les jours.
Excédée, furieuse, la marâtre ordonna cette fois de faire égorger la bête sur la place du village et de partager sa viande entre les villageois. Le lendemain matin, la vache fut égorgée, dépecée, coupée en morceaux et distribuée aux villageois qui firent la fête
En voyant leur vache sacrifiée, les malheureux orphelins s'en allèrent pleurer et se lamenter de leur dépit sur la tombe de leur mère. Au milieux de leurs sanglots, ils entendirent la voix douce et affectueuse de leur mère chérie qui leur disait de se rendre immédiatement sur la place du village, de réclamer les déchets sortis des abats de la bête, et de revenir les répandre sur sa sépulture.
Les enfants ramenèrent aussitôt les déchets des abats et les répandirent sur la tombe de leur mère, comme celle-ci le leur avait enjoint. Ils entendirent la même voix d'outre-tombe, qui était celle de leur mère, qui les invitait à revenir sur les lieux, le lendemain.
Comme promis, le lendemain de bonne heure, Ali et Djedjiga, revinrent sur les lieux et furent agréablement surpris de voir que deux grands pis avaient poussé sur la tombe, identiques à ceux de la vache immolée : l'un gonflé de lait, et l'autre de miel, comme d'habitude.
Les deux enfants se régalèrent, puis s'en retournèrent chez eux. De nouveaux, ils reprirent leurs belles et saines couleurs et leurs formes pleines et harmonieuses. En les voyant en si bonne santé, la méchante marâtre se demanda encore par quel moyen ils avaient pu reprendre leurs forces malgré la disparition de la vache sacrée qui les nourrissait autrefois. Sur les conseils et l'ordre de sa mère, Doudja suivit encore une fois son frère et sa sœur, et découvrit ainsi leur secret. Après leur départ, elle se mit à téter avec beaucoup d'énergie et d'empressement. Mais voilà : au lieu de lait et de miel, elle tira en tétant du pus à la place du lait, et le sang à la place du miel!
Dès que la mère de Doudja fut mise au courant de la mésaventure e sa fille, elle se rendit elle-même sur la tombe. Elle détruisit complètement les deux pis providentiels qui garnissaient la tombe, en les brûlant avec la braise.
Le lendemain matin, les deux orphelins furent catastrophés en constatant la destruction totale de la mamelle nourricière. Ils éclatèrent en sanglants et déchirantes lamentations. C'est alors que la voix de leur mère monta d'outre-tombe et rassura les deux malheureux orphelins en leur annonçant que les pis saccagés repousseront le lendemain sans faute.
En effet, le lendemain, ils purent se restaurer comme d'habitude : le lait et le miel s'étaient remis à couler à flots, dès qu'ils commencèrent à téter les pis. Une fois de plus, leur demi-soeur borgne dévoila le secret à sa méchante mère. Celle-ci prit personnellement l'initiative de raser derechef les deux pis qui avaient repoussé la veille, et déposa elle-même des braise sur la tombe, pour éviter toute repousse de mamelle !
Lorsque les deux orphelins se rendirent au cimetière, en arrivant devant la tombe de leur mère, ils entendirent la même voix d'outre-tombe, celle de leur mère chérie, qui leur disait : » Je suis triste maintenant, car je ne peux plus rien faire pour vous. Quittez la maison mes enfants . Partez loin, hors de la portée de cette sorcière pour tenter de vivre en paix, ailleurs. Dieu vous aidera dans votre vie...!
li et Djedjiga se concertèrent la nuit avant le quitter le toit paternel. Ils quittèrent la maison à l'aube, en prenant soin de ne réveiller personne. C'est ainsi qu'ils prirent leur chemin à pied, par monts et par vaux, de village en village, de rivière en rivière
Au cours de cet exode, Ali et Djedjiga endurèrent mille souffrances et mille misères : ils bravèrent la faim et le froid!
Il faisait déjà nuit quand ils furent en vue d'un village où ils aperçurent un château tout illuminé qui s'élevait au sommet d'une colline. Ils grimpèrent la colline avec courage, bien qu'ils fussent épuisés.
Enfin arrivés, ils frappèrent à la grosse porte, massive et cloutée : « qui êtes-vous ? » S'écria une voix rauque.
les enfants répondirent : « Nous sommes deux pauvres gens fatigués par un long voyage. Nous vous demandons, monsieur s'il vous est possible de nous accorder l'hospitalité pour cette nuit seulement. »
La porte s'ouvrit alors magistralement sur un jardin paradisiaque, plein d'arbres fruitiers et de fleurs de toutes couleurs... Plus loin, se tenait un bonhomme qui leur fit signe d'entrer et les conduisit aussitôt dans une maisonnette d'hôtes qui se trouvait au fond du jardin.
Ali demanda au monsieur s'il pouvait avoir la gentillesse de les laisser sa sœur et lui , passer cette nuit. Les deux orphelins étaient vraiment exténués. Ils avaient marché toute la journée!
« Mais bien sûr! » Répondit spontanément l'homme charitable du château, puis il s'empressa d'ajouter : » Je suppose que vous êtes fatigués : vous êtes trop jeunes pour supporter un aussi long voyage ! je crois aussi que vous devez avoir une faim de loup, n'est-ce pas ? »
Et sans plus tarder, cet homme généreux s'éclipsa pour revenir quelques temps après, les bras chargés d'un lourd plateau plein de pain, de fruits, et de plats garnis de légumes et de viandes ! « Voici votre souper ! » leur dit-il. Et, montrant du doigt un grand lit disposé sur le sol, il ajouta : « voilà votre literie, soyez sans crainte, elle est confortable ! » Précisa-t-il pour les rassurer.
La nuit se passer bien : les enfants égarés et fatigués se réveillèrent revigorés et en pleine forme. Le Maître de maison, après avoir sollicité et obtenu l'accord du prince héritier, annonça à Ali et Djedjiga qu'ils avaient l'autorisation de demeurer au château du roi pour y travailler : Djedjiga vaquerait aux travaux de cuisine et Ali s'occuperait du jardin avec les autres jardiniers.
Bientôt, la sœur d'Ali aura les faveurs du prince héritier qui tomba amoureux de la belle jeune fille aux longs cheveux d'or et aux yeux couleur vert émeraude. Dès qu'elle eut dix-huit ans, il l'a demanda en mariage. Elle accepta tout naturellement de l'épouser.
Le fils du roi fit célébrer son mariage en donnant une fête qui dura sept jours et sept nuits : tous les villageois avait festoyé sans répit. Un an après, ce fut au tour d'Ali de solliciter la main de la sœur du prince, la fille unique du roi : elle accepta naturellement ce jeune homme bien fait de sa personne, désormais frère d'une princesse. Leur mariage donna lieu a des réjouissances publiques qui durèrent sept jours et sept nuits.
Désormais, les deux orphelins vivaient dans le luxe et le confort de la cour royale! Mais, le chemin qui mène vers le bonheur demeure encore long et semé d'embûches...
Les jours, les mois et les années s'écoulaient ainsi, quand un jour enfin, le père d'Ali et de Djedjiga se vint à se rappeler ses deux enfants fugueurs, qui n'avaient jamais remis les pieds à la maison.
Il en fut triste et peiné, son cœur s'attendrit à la pensée de ses deux enfants absents et de leur sort inconnu. Et le voilà donc qui, un jour, décide de prendre la route et de partir à leur recherche.
Il entreprit un long voyage, traversant les vallées, les collines, les montagnes et les rivières de la région. Dans chaque village où ses pas le portaient, il interrogeait les habitants s'ils n'avaient pas vu passer un garçon et une fille répondant aux noms d'Ali et de Djedjiga, et il décrivait ses enfants. Peine perdue, hélas ! Personne ne se rappelait avoir vu passer les deux orphelins.
Arrivé au village, où se trouvait le château du roi, il apprit qu'une très belle fille, qui était arrivée en compagnie de son frère, venait d'épouser le fils du roi, tandis que son frère s'était uni à la princesse fille du roi : l'alliance des deux enfants avec la cour royale ne pouvait certes pas passer inaperçue !
On lui indiqua le chemin à prendre pour aller au château du roi et il s'y rendit aussitôt. Il fut accueilli à bras ouverts quand le Maître de Maison apprit que ce visiteur était bel et bien le père des heureux élus de la Cour Royale ! Le Maître des lieux confirma au voyageur qu'Ali et sa sœur Djedjiga étaient mariés, depuis quelques années déjà, aux enfants du Roi.
Ali et sa sœur accoururent et embrassèrent pendant un long moment, en fondant en larmes, leur bien-aimé père, qu'ils n'avaient plus revu depuis de longues années.
Émerveillé, ce dernier éprouvait un immense soulagement en voyant que ses enfants, qui avaient tant souffert de la méchanceté de leur marâtre, étaient devenus des membres de la famille royale !
Le père des deux heureux élus du château demeura plusieurs jours avec ses enfants, et durant son séjours ils purent ainsi se raconter beaucoup d'histoires vécues de par et d'autre durant leur séparation. Les enfants avaient même demandé des nouvelles de leur demi-sœur Doudja, mais ils avaient totalement occulté l'existence de la méchante marâtre !
Le moment vint enfin où le père dut songer à repartir chez lui et quitter ses enfants qui désormais vivaient dans un paradis. En vérité, malgré toutes les intrigues de son épouse, le père n'avait jamais cessé d'aimer et de chérir les orphelins. D'ailleurs, lorsqu'il les quitta le lendemain, dès l'aube, il ne cessa de sangloter de peine.
La princesse avait fait confectionner des galettes et des friandises royales, de toutes sortes, par ses gouvernantes, pour les offrir à son père avant son départ.
Elle lui remit une galette spéciale, bourrée de louis d'or, pour son repas de voyage. Mais le père de Djedjiga ne se doutait de rien.
Il se rendra compte lui-même de cette surprise quand il coupera la galette au cours du voyage.
Mais le père naïf ne touchera pas, malheureusement, à cette galette précieuse !
Il attendra son arrivée à la maison, pour la remettre à sa méchante femme.
La marâtre, impatiente et curieuse, fouilla tout le sac de son mari : elle plia en deux la fameuse galette remise à part par son mari, et découvrit le trésor éblouissant !
Le père des orphelins raconta en détail combien étaient heureux et riches ses enfants, qu'elle haïssait tant et qu'elle avait rendus tellement malheureux, qu'ils avaient dû quitter le domicile paternel !...
La marâtre maléfique demeurait toujours minée par sa jalousie envers les orphelins.
Mais quand elle apprit de la bouche de son époux que les enfants étaient devenus heureux et riches, elle piqua une crise d'hystérie et de jalousie contre la princesse Djedjiga.
«Diable ! Pourquoi n'est-ce pas ma fille Doudja qui est aujourd'hui l'épouse du prince héritier ?! » lança-t- elle à la face de son époux, dans un cri de rage et de dépit. «Demain, dés l'aube, je partirai rendre visite à cette princesse, avec ma fille, et on verra bien ce qu'on verra !... » Ajouta-t-elle d'un ton lourd de menaces.
Elle prit donc la décision ferme de se rendre au château et d'introniser sa fille borne à la place de la princesse, comptant certainement arriver à ses fins par quelques coups de sorcelleries !
Le lendemain, elle arriva avec sa maudite fille laide au château et, après s'y être fait recevoir, elle embrassa , à contrecœur, tous les membres de la famille royale. Elle criait à qui voulait l'entendre qu'Ali et la Princesse lui manquaient terriblement.
Elle versa même quelques larmes en les étreignant, pour prouver son affection !...
Elle mit aux petits soins la Princesse, qu'elle fit semblant de la peigner, feignant d'arranger son beau chignon blond, et par un tour de magie, elle lui planta une aiguille mystérieuse dans le crane !
Aussitôt, la princesse se métamorphosa en Colombe Blanche qui s'envola dans le ciel ! Sans perdre son temps, la Marâtre sorcière mit les habits et les bijoux de la princesse à sa fille borgne Doudja !
Le tour était vite joué, la méchante marâtre remplaça la princesse par sa fille !
Mais le prince peut-il croire à cette mascarade ? Ne va- t- il pas remarquer la laideur de Doudja malgré le maquillage outrancier dont sa mère l'avait affublée ?
Apres avoir prodigué beaucoup de conseils à sa fille, relatifs à la manière d'induire le prince en erreur pour le convaincre qu'elle était toujours la princesse, la marâtre rentra chez elle précipitamment. Elle avait la peur au ventre et craignait que le pot aux roses ne fut découvert par le prince !...
Le soir venu, le prince trouva déjà bizarre la peau de son épouse qui n'était pas aussi blanche que d'habitude. Quand il voulu l'embrasser, il remarqua subitement que son son visage avait changé, un œil était sombre et le regard n'était point le même!
Il décida alors de convoquer la fameuse marâtre, mais celle-ci était déjà repartie chez elle!
– » Qu'est-ce qui t'arrive? Demanda-t-il à celle qu'il pensait être son épouse. Tes cheveux sont devenus noirs et frisés. Tes yeux ne sont plus bleus, mais noirs et sombres d'un côté. Ta peau est devenue plutôt brunâtre... »
Se conformant aux conseils de sa mère, Doudja la borgne répondit : » tout cela est dû à votre eau et à votre savon, ainsi qu'à votre climat ! «
Pendant ce temps, la colombe blanche tournoyait sans cesse autour du château. Elle agaçait les paysans et les bergers du village par les tempêtes qu'elle provoquait. En effet, à chaque fois qu'elle déployait et claquait ses ailes, chaque fois qu'elle poussait son cri strident « Coack! Coak! Coack!... », des pluies torrentielles s'abattaient sur la région, faisant fuir les bêtes et leurs propriétaires
Ceci dura plus d'un mois, et les villageois, se résolurent enfin à aller solliciter le roi d'entreprendre quelque chose pour épargner à ses sujets les désagréments que leur causait cet oiseau de mauvais augure!
Le roi et le prince firent donc appel au grand sage du village pour élucider cette énigme : chaque fois que l'oiseau pousse le cri répété « Coack! », chaque fois qu'il déployait ses ailes en les claquant, la tempête se déclenchait et dérangeait tout le monde
Le grand sage du village dit au Roi de faire capturer le volatile, de le mettre ne cage et de chercher une aiguille plantée dans son crâne.
Aussitôt, la colombe fut capturée et enfermée dans une cage. Le prince saisit lui-même la tête du volatile et s'aperçut qu'une aiguille s'y trouvait effectivement plantée. A peine l'eut-il retirée, que la vraie princesse Djedjiga réapparut toute resplendissante!
Le prince étreignit sa bien-aimée, fou de joie de la retrouver encore plus belle qu'avant! Elle lui raconta longuement son histoire, la nuit venue.
Immédiatement, le temps redevint ce qu'il fut : plus de tempête! Plus d'affolement des bêtes, des bergers et des paysans!
Ali, emprisonné, par erreur, dans le puits, car le prince pensait qu'il refusait de lui livrer la vérité au sujet de l'histoire de sa soeur, alors qu'il n'en savait rien, fut aussitôt libéré et reçut les excuses du prince lui-même.
Le prince fit mettre aux arrêts sa fausse épouse, qui n'était autre que Doudja la borgne! il ordonna de la mettre à mort, puis de découper son corps en pièces, avant de l'envoyer à sa mère la sorcière en guise de festin avec des plats de couscous.
Les ordres furent exécutés, malgré la clémence dont voulait faire preuve la Princesse, qui ne souhaitait pas la mort de Doudja, sa demi-sœur, mais plutôt celle de la sorcière, qui en définitive était la seule vraie coupable!
Des plats de couscous garni, en guise de viande, de morceaux de chair de Doudja, furent aussitôt expédiés à la marâtre sorcière. Quand la malheureuse reçut les plats, elle fut au anges. Elle pensait que c'était là, un cadeau que lui faisait sa fille chérie Doudja, désormais princesse grâce à son tour de sorcellerie.
il n'en fut rien, et le frère de lait de Doudja, remarqua bien vite, que la viande qu'il mangeait avec ses parents, n'était autre que la chair de cette dernière : en effet, on découvrit au fond du plat, l'œil unique de Doudja la borgne.
Alors, la marâtre éclata en sanglots, versant des larmes de sang, sachant que ce qui lui arrivait était tout simplement a conséquence logique de sa méchanceté et de ses méfaits de sorcières !
Ainsi, fut la fin heureuse de l'histoire de la Vache des Orphelins.
Le Roi et le Prince donnèrent une fête grandiose à la population. Ils firent manger, danser et chanter tout le monde sans exception, durant sept jours et sept nuits, à l'occasion du retour de la princesse et la réhabilitation d'Ali qui fut innocenté
Ali et Djedjiga devinrent riches et célèbres au sein de la famille royale et eurent de beaux enfants...