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AXXAM N YIDLES MULUD AT MΣEMMER N TIZI-WEZZU
MAISON DE LA CULTURE MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU

les vœux du directeur L'aid thamarvouhth

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PATRIMOINE BERBÈRE
Tajmaεt n tnac : l'assemblée des douze
TAJMAعT (partie 2) ✨

Tajmaεt n tnac : l'assemblée des douze

Au moment de la conquête de la Kabylie par l'armée française (1857), il apparut très vite que la djemâa était une institution incontournable dans la gestion administrative de la région.

En 1858 est mis en place, sous la responsabilité du général Randon, un système administratif dénommé « l'organisation kabyle » qui eut des effets immédiats sur la djemâa. « Elle perdit évidemment son autonomie politique et financière et son ukil negéra plus que les sommes dont elle s'imposait ; son maire, l'amîn (...) devenait un agent de l'administration qui le faisait assister d'un khodja et le chargeait de percevoir l'impôt de capitation ; toutefois, le principe de son élection annuelle fut maintenu »

Après 1871, et en raison de la part active que les djemâa de village prirent à l'insurrection de Moqrani, l'institution finira par être totalement phagocytée : à partir de 1876, elle sera « composée de notables nommés » (le plus souvent au nombre de douze) et d'un « président » fonctionnaire. Un amîn uniquement chargé de renseigner les autorités était proposé à chaque thaddert.

????Interminable agonie ou signe de renouveau

Au lendemain de l'indépendance de l'Algérie, la djemâa tombe sous la loi du silence. Nul besoin de prononcer sa dissolution, la djemâa des douze en a achevé la neutralisation, laissant derrière elle une coque vidée de toute substance.

Les villages kabyles cependant, bien que décimés par la guerre, puis par l'exode rural, n'ont jamais été désertés et la gestion de la vie quotidienne exigeait un minimum de concertation. Sont alors nées de nouveau et ont continué à survivre, en marge des structures officielles, des djemâa tout à fait informelles qui, au même titre que les djemâa traditionnelles, prennent de nouveau appui sur la structure lignagière du village.

Ses prérogatives ayant été largement érodées, il n'est plus resté à la djemâa que la gestion des travaux d'utilité commune et l'organisation du sacrifice d'automne dans les villages qui ont conservé le rite.

Enfin, il est courant que des membres de la djemâa soient délégués pour représenter le village auprès des autorités de l'Assemblée populaire communale (APC) c'est-à-dire la mairie pour les travaux d'électrification, d'adduction d'eau, de construction de routes, d'écoles etc. Ce sont les seules raisons qui ont permis la survie de la djemâa.

Il est très probable que cette institution millénaire soit aujourd'hui, au même titre que la langue et la littérature, traversée par une profonde dynamique de renouvellement.

????Assemblée, conseil, chez les Touaregs:

ameni ou ameney, de la racine mny qui signifie « se voir réciproquement, se rencontrer », désigne en touareg « l'entrevue, la rencontre » au sens général ainsi que la « réunion » ou la « session » d'une assemblée politique.

Cette notion dans sa deuxième acception est évoquée par différents observateurs de l'époque coloniale qui utilisent pour la désigner tantôt le terme touareg noté amani ou amni, tantôt les appellations arabes : djemaâ, tantôt la traduction française d'« assemblée » ou de « rassemblement ».

Provoquées de manière circonstancielle plutôt qu'en fonction d'un calendrier fixe, ces sessions sont souvent définies, dans l'histoire orale, par le motif qui les a suscitées (par exemple la « réunion de la guerre », la « réunion de la nomination à la chefferie »...) ou par le lieu où elles se sont tenues. Certains grands rassemblements annuels cependant se produisent avec régularité, comme l'ameni de « l'Aïr » qui traite des affaires économiques et politiques courantes du pays et de leur gestion à venir, et se tient à la saison de gharat, avant le départ des caravanes.

En fonction du problème traité, ces réunions politiques mobilisaient différents cercles de la société, des plus restreints (campement, clan) aux plus larges (confédération, ensemble de confédérations, nation), représentés chacun par une « assemblée » appelée asagawar (de gawer : « s'asseoir, siéger »), terme auquel s'adjoint en complément de nom les appellations des diverses unités sociales telles que aghiwen, tawsit, taghma, tégehé, temust, pour l'Aïr. La dernière réunion de l'assemblée nationale (asagawar n temust) avant que ne s'instaure l'ordre colonial fut suscitée par Kaosen en 1917 à Agadez pour organiser la résistance contre l'armée française

L'assemblée, au contraire de ameni, avait un caractère permanent : elle était composée de délégués, pouvant représenter en fonction de l'unité politique concernée les différentes catégories sociales hormi les esclaves (nobles, tributaires, religieux, forgerons, affranchis), mandatés en fonction de leur sagesse, de leur bon sens politique et de leurs facultés à trouver des solutions aux problèmes. En somme il s'agissait de personnes accomplies possédant les tinaden, c'est-à-dire considérées « de bon conseil » et incarnant la pluralité des courants d'opinion. A propos de la désignation du chef (amenukal) de l'Ahaggar.
Les imr'ad devaient parler les premiers, dire s'ils acceptaient l'amenokal désigné par l'hérédité et s'engager à lui payer la « tioussé » (tribut). Les nobles parlaient ensuite. La discussion était ouverte et l'accord se faisait. Quelquefois il ne se faisait pas. »

Lorsque l'assemblée siégeait, chaque délégation (tegayt) avant d'entrer dans le cercle était annoncée par un forgeron. Après cette introduction, chacun avant de s'asseoir dans le cercle plantait une lance dans le sol pour marquer sa présence.

Avant que l'assemblée siège, les problèmes étaient préalablement débattus à l'intérieur de chaque groupe dans des réunions informelles (tidawt) auxquelles hommes et femmes participaient. Ensuite seuls les hommes délégués se rendaient à l'ameni, mais ils étaient considérés comme de simples porte-paroles des décisions prises au sein de la « tente » (éhen*)où la politique féminine pesait de tout son poids. Si la réunion avait lieu loin des campements, chaque groupe envoyait une importante délégation de sages (hommes et femmes) qui installaient leur camp à proximité et constituait la « base » que les délégués viendraient consulter au fur et à mesure de l'évolution de la discussion. Lorsque les décisions arrêtées en présence du noyau féminin diligeant (ébawel, abategh, tasa),véritable armature sociale et politique des groupes matrilinéaires, n'étaient pas respectées au niveau de l'assemblée masculine, les femmes, tenues constamment au courant de l'avancement des débats par des messagers, n'hésitaient pas à se rendre elles-mêmes sur place pour défendre leur point de vue.

Synthèse des sources faite par : Maison de la Culture Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou ( In Encyclopédie berbère)