دار الثقـــــــــافة مــــولود معمــري تيــــزي وزو
AXXAM N YIDLES MULUD AT MΣEMMER N TIZI-WEZZU
MAISON DE LA CULTURE MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU

Commémoration du 32ème anniversaire de la disparition de Mouloud MAMMERI...

Sous le thème « Mouloud MAMMERI et la poésie de SI MOUHAND OU MHAND ».

célébration de la journée nationale du chahid 18 février...

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Yennayer 2971

Aseggas Ameggaz

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Commémoration
Commémoration des manifestations du 17 octobre 1961 (17 octobre 1961-17 octobre 2020)




La minute Culture générale :

17 octobre 1961 

Massacres du 17 octobre 1961 : chronologie d'une barbarie coloniale envers des manifestants pacifiques

La Guerre de libération nationale a connu bien des haltes qui resteront indélébiles marquées par un caractère populaire, à l'instar des manifestations du 17 octobre 1961 qui ont révélé l'unité d'un peuple ayant cru en sa direction à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, mais également la barbarie d'un colonisateur qui n'a pas hésité à réprimer des manifestants avant de mettre fin à leur vie dans les eaux de la Seine.

Il y a exactement 59 ans, le mardi "noir" a gravé pour toujours un épisode de faits barbares dans l'histoire des forces coloniales du 20e siècle.

Paris, jadis, a témoigné d'un des massacres les plus horribles commis contre des innocents désarmés, sortis manifester pacifiquement pour dénoncer un couvre-feu "discriminatoire" imposé par le Commissaire de Police de Paris à l'époque, en l'occurrence Maurice Papon (condamné en 1998 pour crimes contre l'humanité), lequel éprouvait aux Algériens une haine envenimée, clairement affichée d'ailleurs, lorsqu'il fut Igame de Constantine.

Malgré l'obéissance rigoureuse aux instructions de la Fédération du FLN de France pour ne pas céder aux provocations des forces de la police française, celles-ci n'ont pas manqué d'exercer leur violence habituelle à l'encontre des Algériens, sauf qu'en ce jour d'octobre 1961, à un degré supérieur signant ainsi un crime contre l'humanité.

Il s'agit, en effet, du massacre qui dénote la recrudescence de la violence exercée chaque année contre les Algériens, dans le cadre des tentatives de l'occupant d'éteindre la mèche de la guerre de libération.

Un tel fait est, par la force des choses, le dénouement d'une série d'événements à l'origine des massacres.

En septembre 1961, les dispositifs de sécurité français ont mené des campagnes d'arrestation et d'expédition de centaines de ressortissants algériens avant de parquer 650 autres au Centre d'identification de Vincennes.

En date du 23 septembre de la même année, quelque 29.000 émigrés ont été contrôlés, 659 internés et 184 expulsés vers l'Algérie, selon la préfecture de police.

Le 5 octobre de la même année, Papon avait signé un arrêté décrétant un couvre-feu pour les Algériens de la capitale et de la banlieue de 20:30 à 5:00 du matin.

Dès l'entrée en vigueur de cette décision, la fédération de France du FLN a annoncé l'organisation de manifestations pacifiques, parvenant ainsi à transférer la guerre de libération au cœur même du territoire ennemi.

Les marches pacifiques avaient pris le départ des quartiers pauvres de la capitale française, avant que les foules ne se dispersent dans les principales artères de Paris pour rallier la place de "l'Opéra" dont les issues sont été fermées par les forces de police.

Face à la situation, les forces françaises de sécurité n'ont pas hésité à tirer à balles réelles sur les manifestants qui ont respecté les instructions interdisant l'usage des armes, se contentant de brandir les emblèmes et les banderoles revendiquant l'annulation du couvre-feu et réclamant l'indépendance de l'Algérie, selon des témoignages des participants et des témoins qui ont relaté l'atrocité des événements vécus, en dépit du black-out médiatique imposé.
Les Français eux-mêmes avait fait preuve de compassion à l'égard de ces marches pacifiques.

D'ailleurs, le 21 octobre, des enseignants et des étudiants de la Sorbonne s'étaient rassemblés pour dénoncer le couvre-feu imposé au Algériens et la répression exercée contre les manifestants.

Le lendemain, des manifestations de solidarité avaient été organisées par des étudiants français dans le quartier Latin et Montparnasse.

Selon les historiens, les manifestations du 17 octobre qui ont eu des conséquences désastreuses ont contraint le gouvernement français à reprendre les négociations avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) qui a été contacté le 28 du même mois pour l'entame des discussions dans la ville suisse Bâle où la partie algérienne était représentée par les regrettés Rédha Malek et Mohamed Seddik Benyahia.

source texte: Radioalgeria.dz du 16.10.2020


PORTRAIT - HOMMAGE :
Fatima BEDAR
 
 


Elle n'avait que 15 ans – La jeune Fatima Bedar, première et plus jeune victime des manifestations du 17 octobre 1961

La martyre Fatima Bedar est née le 5 août 1946 à Béjaia.

En cette journée du 17 Octobre, sa mère lui demande de revenir le plus tôt possible à la maison pour garder son frère et ses sœurs car les parents devraient se rendre à la manifestation, décidée par les frères. Fatima, mécontente du rôle que sa mère lui attribue s'y oppose. Elle exprime fermement à ses parents son désir de les accompagner. « II n'en est pas question ! », lui rétorquent-ils avec autorité. C'est alors la grande dispute. L'accrochage de Fatima a lieu surtout avec sa mère. Après le départ des parents, Fatima décide de sortir pour aller à la manifestation. Sa petite sœur Louisa la voit partir en courant.

Le soir venu, Fatima ne rentre pas à la maison. Le lendemain non plus. Les jours suivants, non plus. Les recherches parentales sont vaines. Puis un soir, le paternel rentre à la maison avec le cartable de sa petite Fatima tant chérie.

Le 31 octobre on retrouvera finalement le corps sans vie de Fatima dans les profondeurs du canal de Stains. Ce sont les ouvriers chargés du nettoyage de la grille de la 7e écluse du canal qui font la macabre découverte. Le frêle corps était retenu par la grille d'une turbine.

La photo de Fatima Bedar et le cartable que la jeune fille possédait quand elle a disparu.

Les centaines d'Algériens, dont Fatima Bedar, jetées dans la Seine par la police de Papon ont inspiré de nombreux ouvrages.



  


PORTRAIT - HOMMAGE : Fatima BEDAR
Fatima pour mémoire



Le 17 octobre 1961, la police française a réprimé dans le sang une manifestation pacifique d'Algériens mobilisés contre la restriction de leurs droits fondamentaux. Fatima Bédar, une jeune fille de Stains, a été assassinée ce soir-là.

Ce matin-là, Fatima Bédar a mis ses plus beaux habits. La jeune fille de 15 ans a dans l'idée de se rendre le soir même à la manifestation parisienne des travailleurs algériens, convoquée par la Fédération de France du FLN (Front de libération natio-nale).

Le mot d'ordre de la mobilisation : dire pacifiquement le rejet d'une mesure raciste passée quelques jours plus tôt par le préfet de police de Paris, Maurice Papon – le couvre-feu pour tous les Algériens entre 20h30 et 6 heures du matin.

À Paris aussi, en cette fin d'année 1961 sur fond de guerre d'Algérie, la tension est extrême.

À Stains, chez les Bédar, une dispute oppose la jeune fille engagée à sa mère. Celle-ci a justement prévu de se rendre avec son mari Hocine à la manifestation et souhaite donc que Fatima, son aînée, garde ses frères et sœurs ce soir-là. Encore contrariée par cette querelle, la jeune fille quitte la maison pour le collège commercial féminin de Saint-Denis. Mais le soir venu, pas de Fatima.

Ses parents l'attendent en vain et renoncent de ce fait à se rendre eux-mêmes à la manifestation. Déjà, on se fait un sang d'encre : des voisins revenus du rassemblement font état d'exactions de la part de la police, certains rentrent blessés, d'autres ont vu des morts.

Dans les 15 jours qui suivent, Djida sa mère, enceinte de Zahia et accompagnée du petit Djoudi, écume en pleurs toutes les rues de Stains et Saint-Denis à la recherche de sa fille.

▪️OFFICIELLEMENT, UN SUICIDE

Fatima, malheureusement, ne rentrera jamais : elle fait partie des quelque 200 morts du massacre du 17 octobre 1961 (on comptera aussi 2 300 blessés, même si les chiffres sont durs à établir). Le 31 octobre, son père est appelé par le commissariat pour aller identifier un cadavre repêché dans le canal de Saint-Denis. Il s'agit bien de Fatima, qui gît au milieu d'une quinzaine d'autres dépouilles et qu'il ne reconnaît que grâce à ses longs cheveux noirs. Comble du cynisme, le père se voit obligé de signer un procès-verbal fumeux selon lequel sa fille se serait suicidée.

Une mort, tant de morts qui devraient poser question, susciter enquêtes et indignations de la presse. Et pourtant dans les jours suivants, c'est silence radio...

« Pendant des années, une véritable chape de plomb s'est posée sur ces événements. Ça a été une journée portée disparue », témoigne Djoudi, le frère de Fatima Bédar.
▪️« MES PARENTS NE NOUS DISAIENT RIEN... »

Aujourd'hui, cet homme de 61 ans, qui n'a pas quitté Stains, s'efforce de maintenir vivante la mémoire de sa sœur et de tous ceux qui sont tombés ce 17 octobre 1961, victimes d'une répression policière passée sous silence. « Très longtemps, je n'ai pas su ce qui était arrivé à Fatima.

Mes parents ne nous disaient rien parce que ça les déchirait. Quant aux autorités, n'en parlons pas : jusque dans les années 1990, le bilan officiel était de deux morts... Et puis, petit à petit, ma mère a fini par nous dire : "Votre sœur est morte à l'époque où la police française jetait les Algériens à la Seine." »

Il faudra attendre un article du romancier Didier Daeninckx pour que le travail de deuil puisse réellement commencer chez les Bédar. En 1986, l'auteur de Meurtres pour mémoire l'un des premiers ouvrages à pointer directement la responsabilité du préfet de police Maurice Papon dans la répression sanglante de la manifestation du 17 octobre – signe en effet dans L'Humanité un article qui se conclut par une première liste de citoyens assassinés : parmi eux, Fatima Bédar.

« Pour mes sœurs, ç'a été un grand étonnement car elles pensaient que Fatima était morte dans la répression de la manifestation de Charonne. Celle-ci concernait en réalité des militants communistes assassinés en février 1962, mais c'est celle-ci qui avait été médiatisée, explique Djoudi Bédar. Ces recherches, menées ensuite avec l'historien Jean-Luc Einaudi, nous ont aidés dans notre travail de deuil et ont fait émerger la mémoire d'un massacre qui avait jusqu'ici été occulté... »

La récente reconnaissance de la responsabilité de l'État par François Hollande en 2012 et l'inauguration en 2015 d'un jardin Fatima-Bédar par la ville de Saint-Denis ont mis un peu de baume au cœur de Djoudi Bédar. Mais chaque 17 octobre, il parle pour combattre ce silence qui l'a étouffé pendant des années.

Christophe Lehousse

Photos : Georges Azenstarck (avec l'autorisation de l'association Mémoires d'Humanité) famille Bédar

crédit texte : Seine-Saint-Denis le Magazine du 07.11.2017


Le jardin Fatima-Bedar essaime contre l'oubli




La Ville commémorait samedi les centaines d'Algériens victimes de cette répression sanglante. Parmi eux, cette jeune fille de 15 ans poussée dans la Seine, dont un jardin, dans le quartier Confluence, porte désormais le nom.

Le 17 octobre 1961, la France est déchirée entre adversaires et partisans de l'indépendance de l'Algérie. Les résultats du référendum décidé par le général de Gaulle, qui sont largement en faveur de l'autodétermination, ne font qu'aviver les tensions. La Semaine des barricades, à Alger, dure du 24 janvier au 1er février 1960?; le 22 avril 1961, un putsch, mené par quatre généraux français, échoue. Le 5 octobre, à Paris, le préfet de police Maurice Papon décrète un couvre-feu pour les « Français musulmans algériens ».

Le Front de libération national (FLN) décide une manifestation pacifique en protestation. Le 17 octobre, des milliers d'Algériens prennent la direction de la capitale. À Stains, Fatima Bedar veut participer à cette grande mobilisation. Ses parents s'y opposent, craignant ce qui va arriver?: la police française réagit violemment, la manifestation tourne au massacre. Des centaines de personnes sont tabassées, abattues, poussées à l'eau.

Quand Hocine et Djida Bedar rentrent chez eux, à Stains, Fatima a disparu. Elle a désobéi à ses parents pour aller défiler. Lorsque son père, après des jours de recherches angoissées, est convoqué à l'Institut médico-légal, il y trouve les dépouilles de dizaines de victimes, couchées à même le sol.« La Seine rougissante », écrira Kateb Yacine, « N'a pas cessé les jours suivants?/ De vomir à la face?/ Du peuple de la Commune?/ Ces corps martyrisés?/Qui rappelaient aux Parisiens /?Leurs propres révolutions / Leur propre résistance. » Fatima Bedar est de ceux-là. On l'a retrouvée dans l'écluse du canal de Saint-Denis. À 15 ans, elle est la plus jeune victime.

Reconnaissance officielle en 2012

La police, pas encore abreuvée de honte, fait signer à Hocine Bedar, ancien combattant de l'armée française pendant la Seconde Guerre mondiale, un rapport portant mention d'un « suicide par noyade »... Le silence s'installe autour de ce crime d'État. Il faudra attendre les travaux de Jean-Luc Einaudi pour que la lumière se fasse peu à peu, jusqu'à la reconnaissance officielle du massacre, par le président Hollande, en 2012.Samedi 17 octobre 2015, la Ville de Saint-Denis a honoré la mémoire de Fatima Bedar en donnant son nom à un jardin du nouveau quartier Confluence, non loin du canal où elle a trouvé la mort.

Le maire Didier Paillard, le député Mathieu Hanotin, le consul d'Algérie Mahmoud Massali, ainsi que Kader Chibane, fondateur du Cercle de réflexion citoyen, et Sonia Pignot, maire adjointe à la culture et la mémoire, ont pris tour à tour la parole pour évoquer les circonstances de cette tuerie et appeler au travail historique qui seul permettra de refermer les plaies de l'histoire.Djoudi Bedar, le frère de Fatima, qui avait 5 ans à l'époque des faits, a rendu hommage à Jean-Luc Einaudi, l'historien français, décédé en mars 2014, « pour son remarquable travail » sur cet événement, ainsi que l'écrivain Didier Daeninckx, « le premier à mettre des mots là-dessus ». Mohamed Garfi, qui était ce jour de 1961 — sous son nom de clandestinité, « Moh Clichy » —, le responsable du FLN pour la région Nord, a rappelé?: « La révolution pour l'indépendance n'était pas anti-française, mais anticoloniale. »

Source texte: Le journal de saint-Denis ( version électronique), du 20.10.2015, rédigé par Sébastien Banse
17_octobre_1961


Jean-Luc Einaudi, l'historien qui a fait remonter de la mémoire les massacres du 17 octobre 1961



Un recueillement a été organisé jeudi après-midi au cimetière Père-Lachaise (Paris) en hommage à l'historien Jean-Luc Einaudi, décédé le 22 mars 2014, qui avait fait remonter de la mémoire collective en France les massacres du 17 octobre 1961 à Paris.

La cérémonie s'est déroulée en présence de ses amis français, dont le réalisateur documentariste, Daniel Kupferstein, auteur de nombreux films, en particulier "Dissimulation d'un massacre" (2001), sur les massacres du 17 octobre 1961, Djoudi Bedar, frère de Fatima la lycéenne de 15 ans retrouvée noyée dans la Seine, et l'un des organisateurs de la marche des Algériens à Paris, Mohamed Ghafir, dit "Moh Clichy".

Un émouvant hommage a été rendu à l'auteur de "La Bataille de Paris" (1991, réédité en 2001) dans lequel il raconte l'histoire de ce massacre perpétré en plein c£ur de Paris. "Un massacre oublié pendant des décennies, refoulé par la conscience collective, étouffé par le gouvernement", avait-il dit.

Au cours de la cérémonie, son message au peuple algérien, écrit deux ans avant sa mort, a été lu et dans lequel Jean-Luc Einaudi avait souligné que "Cinquante ans plus tard, l'Etat français n'a toujours pas reconnu le crime commis contre vous mais la vérité est en marche".

Grâce à ses recherches, il était parvenu à dévoiler une bonne partie des dessous de ces tragiques événements qui ont coûté la vie à plusieurs centaines d'Algériens. Il a été le premier à divulguer la liste des 390 Algériens morts le 17 octobre 1961 victimes de la répression sanglante de la police parisienne.

Militant politique de gauche, Jean-Luc Einaudi a écrit plusieurs ouvrages en relation avec la guerre de libération, dont notamment "Pour l'exemple, l'affaire Fernand Iveton", L'Harmattan (1986), "La Ferme Améziane: Enquête sur un centre de torture pendant la guerre d'Algérie", L'Harmattan (1991), "Un Algérien, Maurice Laban", Le Cherche midi (1999), "Scènes de la guerre d'Algérie en France : Automne 1961", Le Cherche midi (2009), coll. "Documents" et en 2013, "Le dossier Younsi : 1962, procès secret et aveux d'un chef FLN en France", Tirésias.

 
Source texte : Extrait de l'article de l'APS du Jeudi, 22 Mars 2018

 

17 octobre 1961 :

  

Fatima Bedar et Einaudi honorés à Paris

La ville de Saint-Denis commémore sans discontinuer, depuis une quinzaine d'années, ces événements tragiques, en hommage à toutes les victimes de la terrible répression des forces de police, ce jour-là à leur tête le sinistre Papon. Il s'est trouvé quand même un ministre de la République française, Michel Debré, qui l'avait porté aux nues. «Pour ses services rendus à la patrie, Maurice Papon mérite bien des éloges de l'Etat français», avait-il dégouliné.

Daniel Meyer, président de la Ligue des droits de l'homme, ancien résistant, lui, s'était désolé que «le 17 Octobre 1961 soit devenu le jour de notre honte».

Prenant la parole, l'ancien responsable de la Fédération de France du FLN, Mohamed Ghafir dit Moh Clichy, a rendu un bel hommage à la ville de Saint-Denis qui «n'a de cesse d'honorer cette date mémorielle par des mesures concrètes, notamment la dénomination de cette place où nous nous trouvons, place du 17 Octobre 1961, inaugurée il y a exactement 8 ans».

S'adressant à Didier Paillard, maire de Saint-Denis, M. Ghafir a déclaré : «Je prends acte avec bonheur et soulagement que la ville de Saint-Denis a fixé la date d'aujourd'hui, ô combien symbolique, pour inaugurer officiellement la nouvelle dénomination de ce vaste et beau jardin public qui s'appellera désormais Fatima-Bedar» en tant que martyre et symbole de sacrifice de la femme algérienne, lors des tragiques événements du 17 Octobre 1961, dont le corps noyé fut retrouvé dans la grille de l'écluse du canal Saint-Denis, le mardi 31 octobre 1961.

Après 45 années après, le 17 octobre 2006, ses restes ont été rapatriés et réinhumés en Algérie, plus précisément au cimetière des Martyrs de Tichy (Béjaïa), dans cette terre qui lui était si chère et pour laquelle elle a offert sa vie, à la fleur de l'âge, bouclant à peine ses 15 printemps.
Le père de Fatima a ainsi vu ses vœux les plus chers exaucés avant de décéder un peu plus tard, en mars 2008, tout à fait serein et l'âme en paix. Emu et conscient de l'impact de ses propos sur les présents, dont les personnels de la mairie de Saint-Denis et une foule d'Algériens, M. Ghafir n'a pas manqué de s'incliner à la mémoire de l'historien Jean-Luc Enaudi, décédé le 22 mars 2014 «qui a été un véritable pionnier» en matière de dévoilement des crimes commis en ce 17 Octobre 1961 à Paris, grâce à ses nombreux ouvrages.

Et d'ajouter : «Après sa mort, je me suis senti tellement redevable envers lui que j'ai considéré comme la moindre des choses de lui consacrer un cahier spécial que j'ai inclus dans la quatrième édition de mon ouvrage.» Désormais, la lutte du colonisé, portée sur le sol du colonisateur, une première dans l'histoire des peuples en lutte, a désormais deux référents essentiels à Paris : la gare de Saint-Denis et le parc Fatima Bedar...

Source texte : Quotidien El Watan du 18.10.2015