دار الثقـــــــــافة مــــولود معمــري تيــــزي وزو
AXXAM N YIDLES MULUD AT MΣEMMER N TIZI-WEZZU
MAISON DE LA CULTURE MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU

Commémoration du 32ème anniversaire de la disparition de Mouloud MAMMERI...

Sous le thème « Mouloud MAMMERI et la poésie de SI MOUHAND OU MHAND ».

célébration de la journée nationale du chahid 18 février...

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Yennayer 2971

Aseggas Ameggaz

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AXXAM N YIDLES MULUD AT MΣEMMER N TIZI-WEZZU
MAISON DE LA CULTURE MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU

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LA MINUTE CULTURE GÉNÉRALE
PATRIMOINE BERBÈRE Ahal (ahāl)
 PATRIMOINE BERBÈRE 
Ahal (ahāl)
Utilisé en particulier chez les Touaregs de l'Ahaggar et de l'Ajjer, ce terme désigne une réunion musicale et poétique qui se déroule au moment où les activités du campement déclinent, c'est-à-dire en matinée aux heures chaudes ou en soirée après le coucher du soleil. Dans l'Air, on emploie plutôt pour cette réunion les termes de seklu quand elle se passe à l'heure de la sieste et édawané pour celle de la nuit.
L'assemblée peut se tenir en différents lieux : soit sous la tente d'une femme célibataire, ou sous une tente dressée spécialement pour cet usage, soit à l'extérieur du campement, en plein air, dans le lit d'une vallée asséchée. Des jeunes gens, le plus souvent célibataires, mais aussi de jeunes époux ou des femmes mariées d'un certain âge venant davantage en spectateurs qu'en acteurs, se rassemblent alors autour d'une ou de plusieurs joueuses d'enzad (imzad*), violon monocorde. La mélodie de l'instrument est accompagnée en bourdon par les voix masculines ou individuellement par des chanteurs qui, à tour de rôle, improvisent des vers de circonstance ou récitent une poésie ancienne. Les provocations verbales, les réparties et les échanges de traits d'esprit s'enchaînent rapidement. C'est dans l'ahāl que se font les réputations des individus et que se jugent publiquement les attitudes de dignité ou au contraire de déshonneur. Le portrait de l'homme accompli, tel qu'il est vanté dans les poésies, est d'abord celui du guerrier dont le courage et la bravoure donnent droit aux faveurs féminines. Exploits guerriers et chance en amour apparaissent ici étroitement liés. Pour les femmes, beauté, esprit et richesse sont le plus souvent évoqués dans les louanges.
En fait, l'ahāl ne se réduit pas à un divertissement (comme par exemple le tindé) mais représente également une véritable épreuve au cours de laquelle chacun doit prouver sa noblesse et par conséquent celle de son campement ou de sa tribu. Les meilleurs représentants de chaque groupe faisaient parfois des centaines de kilomètres pour participer aux joutes poétiques les plus réputées où l'on pouvait manifester sa valeur et son honneur. C'est lorsque filles ou garçons adolescents sont estimés dignes d'entrer dans le monde des adultes (passage franchi après certaines épreuves initiatiques et marqué par un changement vestimentaire) qu'ils commencent à prendre part à l'ahāl. Dès l'enfance, des jeux, destinés à « casser la timidité », les préparent à tenir leur rang dans l'ahāl. Les habits de fête revêtus pour cette circonstance et assortis, pour les hommes, des accessoires du guerrier (armes et monture dont la qualité reflète, symboliquement, la valeur de leur propriétaire) contribuent eux-aussi à cette mise en scène du prestige et de la force.
Avec la disparition des guerres d'honneur, les obstacles grandissant qui entravent le mode de vie nomade et l'appauvrissement de la société touarègue, cette littérature épique s'est progressivement figée, L'ahāl, en tant que traduction d'un système de valeurs qui ne peut plus s'ajuster à la réalité, a pratiquement disparu, ne subsistant que sous une forme plus restreinte et intime, la cour amoureuse qu'un homme fait à une femme. Des fêtes ou des réjouissances moins chargées de sens social s'y sont substituées aujourd'hui. En référence à l'ahāl, de nombreuses expressions linguistiques demeurent comme, par exemple, abarad n ahāl, mots de louange qui dans l'Ahaggar signifient « jeune homme fait pour l'ahāl » c'est-à-dire qui sait y briller, ou encore yoγé ahāl, « l'ahāl l'a pillé », image employée dans l'Aïr au sujet de quelqu'un qui, le jour d'une fête, s'est montré le plus digne de son rang et dont le caractère et l'attitude sont conformes à l'idéal touareg.

???? Crédit texte : Encyclopédie berbère